Cahier Girsef 100Abstract

Cette étude porte sur les enfants qui résident ou sont scolarisés en région bruxelloise et qui fréquentent une école maternelle ou primaire dépendante des Communautés francophone ou flamande. Elle traite donc de deux systèmes éducatifs qui sont rarement analysés conjointement. A partir de données statistiques livrées par les deux Communautés pour les années 2008 à 2011, elle vise à comprendre la répartition des enfants entre des quartiers socialement différenciés et entre des écoles elles aussi diversifiées en termes de composition sociale. Nous nous demandons d’abord si la ségrégation observable au plan résidentiel est plus ou moins marquée que la ségrégation au plan scolaire. Nous nous demandons ensuite dans quelle mesure la première ségrégation résidentielle explique la seconde. Pour répondre à ces deux questions, nous nous attachons dans un premier temps à décrire la répartition résidentielle des enfants. Nous mettons en évidence la double logique (socio-économique et communautaire) structurant cette répartition spatiale. Dans un second temps, nous montrons que la ségrégation scolaire est plus accentuée que la ségrégation résidentielle mais aussi qu’il y a de plus gros effectifs d’enfants dans les écoles favorisées que dans les quartiers favorisés. Nous expliquons une partie de ces décalages par les flux scolaires entre la région et sa périphérie. Mais nous soulignons que la cause principale de ce différentiel de ségrégation est à chercher du côté des mobilités spatiales et sociales des « internes », c’est-à-dire des enfants domiciliés et scolarisés à Bruxelles. Le libre choix permet en effet aux plus favorisés d’un quartier d’accéder à des écoles socialement plus favorisées que celles dans lesquelles s’inscrivent leurs voisins moins dotés en capitaux. Ces constats, qui s’écartent des analyses attribuant à la ségrégation résidentielle l’essentiel de la ségrégation scolaire, ouvrent des questions à propos des régulations à mettre en place pour favoriser davantage de mixité. Mais ils questionnent aussi ce qui fonde les comportements vecteurs de ségrégation dans le chef des écoles et des familles, et plus fondamentalement les raisons qu’il y a à souhaiter davantage de mixité scolaire.

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