A l preuve du tempsAbstract

L’approche longitudinale réside au coeur des dispositifs mobilisés par les services d’étude des administrations publiques bruxelloises qui traitent de l’emploi et de la formation, et ce à plus d’un titre. Elle s’inscrit dans un contexte où l’accès à l’emploi est devenu incertain et où la politique d’insertion a vu se multiplier les dispositifs mais aussi les intervenants oeuvrant dans ce domaine. En outre, formation et emploi, en Belgique, correspondent à des niveaux de pouvoirs différents : l’emploi1 relève des compétences fédérale et régionale tandis que la formation est une compétence communautaire. En région bruxelloise (région bilingue francophone et néerlandophone), le placement des demandeurs d’emploi est pris en charge par Actiris, tandis que leur formation relève de Bruxelles Formation (côté francophone) et du VDAB (côté néerlandophone).
Dans ce contexte d’intervenants multiples, les politiques veulent renforcer les liens formation-emploi. L’un des enjeux de l’analyse longitudinale consiste alors à évaluer l’action publique sous l’angle des articulations qui résident entre les dispositifs, c’est-à-dire à évaluer la logique de leurs enchaînements.
Les représentations sur ce que doit être l’évaluation des transitions ne sont pas unifiées : elles oscillent entre une évaluation des « régulations collectives des transitions » (Franssen 2009) où il s’agit d’évaluer la cohérence des « espaces transitionnels », ce qui correspond à une approche davantage axée sur l’action collective et une évaluation des circulations de l’individu de dispositif en dispositif, l’accent étant mis sur la responsabilité individuelle pour développer son employabilité. Cependant, la demande de données longitudinales pour mener ces évaluations a tendance à se généraliser : en effet, quel que soit le point de vue, l’objet de l’action publique est de moins en moins ponctuel (assurant le matching entre l’offre et la demande d’emploi) pour prendre de l’étendue et se confondre avec le cheminement des individus (accompagner les demandeurs d’emploi). On pensera, par exemple, aux politiques de sécurisation des parcours ou de gestion des trajectoires professionnelles telles que promues par le niveau européen. Dans ce cadre, l’analyse longitudinale poursuit des objectifs qui sont plus proches du « gouvernement » des trajectoires, et qui dépassent la seule évaluation des articulations entre les dispositifs institutionnels...

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